Dimanche de la Divine Miséricorde

Christ est ressuscité ! Il est vraiment Ressuscité !

Chers paroissiens,

Chaque jour de cette semaine de l’Octave pascal, nous avons fêté Pâques ! Peut-être avec un sentiment partagé. De la joie mêlée à un sentiment de longueur. Certes, la perspective d’un 11 mai vient laisser entrevoir une petite lueur mais le confinement commence à durer. Avec sa lourdeur pour certains, ses questions pour d’autres, ses souffrances pour d’autres encore. Chacun essaie de trouver des petites stratégies pour pouvoir le vivre chaque jour.
Peut-être étions-nous cette semaine comme les premiers témoins de la résurrection, confrontés d’abord et avant tout au vide du tombeau ? Sentiment du vide ! Le vide du néant ? du silence ? de la disparition ? du doute ? de Celui que l’on cherche ? ou le signe qu’il nous faut chercher ailleurs… Ce qui est étonnant, c’est que le Christ, une fois ressuscité des morts, fait le choix de ne pas remonter tout de suite auprès de son Père ; mais il veut passer encore quelques temps auprès des siens. Se manifester auprès de Marie-Madeleine dans la fraîcheur matinale d’un jardin, marcher sur une route avec des compagnons vers Emmaüs, préparer un repas pour ses disciples au bord du lac de Galilée… Le Ressuscité manifeste sa présence dans la vie ordinaire et quotidienne des siens. Il n’est pas loin. Il est proche. Bien plus proche qu’on ne l’imagine ! Il veut préparer les siens à sa nouvelle manière d’être présent. Et Il leur fait découvrir une nouvelle manière de vivre. Le temps de Pâques à la Pentecôte est un temps pour découvrir une nouvelle manière de vivre. Mais laquelle ?

Ce dimanche de la Divine Miséricorde en laisse entrevoir une première lumière. Prenez le temps de relire en ce dimanche
l’Evangile de saint Jean chap. 20, 19-31. Regardez le parcours de saint Thomas : il n’est pas là au bon moment ; il
questionne ; il doute ; il veut voir ; il croit avec cette profession de foi admirable : Mon Seigneur et mon Dieu. Dieu
n’est plus seulement le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob mais Mon Seigneur et mon Dieu. Echo de la formule d’Alliance :
« Vous serez mon peuple, et je serai votre Dieu » du prophète Jérémie. En ces premiers jours de ce temps pascal, entrons
dans cette intériorisation de cette proximité du Christ pour qu’à nous aussi il nous soit donné de nous écrier du plus
profond de nous-mêmes : « Mon Seigneur et mon Dieu ».
Avec cette foi, nous est donnée aussi une force, la force d’être miséricordieux comme Dieu est miséricordieux. Redécouvrons
en ce temps si particulier le sens de la miséricorde… Certes vivre de la miséricorde de Dieu consiste à ne pas se laisser
enfermer par le mal et le péché, par les regrets ou les rancœurs, mais c’est aussi découvrir une qualité du cœur qui ne se
laisse pas gagner par l’amertume ; mais qui s’ouvre toujours davantage aux autres, qui adopte un certain regard sur le monde
ne pas voir que le négatif autour de soi, favoriser le positif, faire avancer le bien et le beau, développer une attitude créatrice.

Avec mes frères prêtres, je vous souhaite de savoir, comme saint Paul, tirer parti du temps présent,

Alléluia, Christ est ressuscité !

Père Olivier Plainecassagne, curé