IVe Dimanche de Carême - Laetare

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Chers paroissiens,

Cela fait maintenant quelques jours que ce temps de confinement a commencé. Les premiers signes de lassitude peuvent se faire ressentir. Que l’on soit seul ou en famille, les premiers agacements apparaissent. Il nous faut alors réapprendre la patience et la persévérance. N’oublions pas les personnes qui sont seules et pour lesquelles la solitude devient pesante ! Veillons à tisser avec elles des liens de proximité !

A chacun, je souhaiterais aussi redire que ce confinement ne doit pas être subi, mais qu’il peut être choisi, positivement… non seulement pour des questions de santé publique, mais il peut être aussi synonyme d’enracinement, d’un « retour au centre » : que signifie habiter un lieu ? Peut-on retrouver de la saveur au temps long ? Qu’est-ce que vivre quand les lendemains semblent incertains ? Quel est le sens des relations fraternelles alors que les rencontres se font plus rares ?

Chacun de nous est un peu comme l’aveugle-né de l’Evangile de ce dimanche… nous voudrions y voir plus clair ! La philosophe Simone Weil ne disait-elle pas « N’importe quelle peine est acceptable dans la clarté » ? En ce dimanche, le Christ se manifeste comme la Lumière : Il est la Lumière et Il fait la Lumière ; Déjà autrefois, comme le rappelle le livre de l’Exode, au désert, le peuple d’Israël se laissait conduire par une colonne de nuée qui le dirigeait comme une lumière, préfiguration du Christ qui est « la Vraie Lumière » (Jn 1). Aujourd’hui, c’est le Christ qui s’approche de nous ; nous l’accueillons dans la foi ; il nous transforme pour faire de nous des enfants de lumière. Dieu qui ne regarde pas comme les hommes (le Seigneur regarde le cœur, cf. 1 S 16), nous donne alors des yeux pour voir, pour le reconnaître, Lui, mais aussi pour voir ceux qui nous entourent. Prenez le temps de relire ce très bel évangile de l’Aveugle-né en saint Jean chapitre 9. En ce dimanche, je vous propose aussi de vous associer aux intentions de prière de la paroisse et de vivre la communion spirituelle pour vous unir toujours davantage au Christ dans une « vivante offrande à la louange de sa Gloire » (Prière Eucharistique IV). Par le Christ, nous serons aussi unis les uns aux autres.

Cette semaine, nous fêterons l’Annonciation ; à l’appel de notre évêque, les cloches de la Cathédrale sonneront pendant une dizaine de minutes à 19h30 pour « manifester notre fraternité et notre espoir commun » ; je vous invite à ce moment-là à lire le récit de l’Annonciation dans l’Evangile selon saint Luc, chapitre 1, versets 26 à 38. Nous pourrons aussi allumer des bougies sur nos fenêtres, signe d’espérance au cœur de l’épreuve.

Avec mes frères prêtres, je vous redis ma communion fraternelle et ma prière,

Père Olivier Plainecassagne, curé


Qu’est-ce que la communion spirituelle ?

La communion eucharistique est le don de la présence de Dieu « au plus haut point » dans notre quotidien. Pourtant quand elle nous manque, nous ne sommes pas abandonnés à notre solitude car le but de la communion n’est pas de manger l’hostie mais de participer à la vie divine. Cette communion à la vie divine est réellement réalisée par la prière qui nous fait nous tenir en présence de Dieu (Catéchisme de l’Eglise Catholique § 2565). C’est bien cela, la communion spirituelle à laquelle nous sommes appelés en ces jours.